Purin d’ortie : la recette naturelle qui protège le potager

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Avant d’être une mauvaise herbe qu’on arrache le long des clôtures, l’ortie est un concentré de fer, d’azote et d’oligo-éléments que les jardiniers utilisent depuis des générations pour dynamiser leurs cultures. Transformée en purin, elle devient à la fois un engrais naturel et un répulsif contre certains nuisibles, sans passer par la case pesticide.

Une préparation simple, avec un peu de patience

Le principe : faire macérer un kilo d’orties fraîches, coupées grossièrement, dans dix litres d’eau non chlorée, si possible de l’eau de pluie. On laisse fermenter entre une et deux semaines selon la température, en remuant chaque jour. Le mélange mousse au début, c’est normal, puis se calme quand la fermentation touche à sa fin. L’odeur, elle, ne trompe pas : c’est le signe que le purin est prêt.

Deux usages bien différents

  • Dilué à 10 % (un litre de purin pour neuf litres d’eau), il sert d’engrais liquide à arroser au pied des plants, notamment les tomates, les courgettes et les rosiers, toutes les deux à trois semaines en période de croissance.
  • Dilué à 20 % et pulvérisé directement sur le feuillage, il agit comme répulsif contre les pucerons et certains acariens, sans les éliminer complètement mais en limitant nettement leur installation.

Un point de vigilance : le purin d’ortie non dilué est trop concentré et peut brûler les racines. Mieux vaut aussi l’utiliser dans les jours qui suivent sa filtration, car il perd de son efficacité en vieillissant. Autre précaution utile : mieux vaut l’éviter sur les jeunes semis fragiles et sur les légumineuses comme les haricots ou les pois, qui n’ont pas besoin d’un tel apport d’azote et qui pourraient développer surtout du feuillage au détriment des gousses. L’Ademe rappelle d’ailleurs, dans ses fiches sur le jardinage au naturel, que ces préparations maison s’inscrivent dans une logique de réduction des intrants chimiques au jardin, cohérente avec une démarche de jardinage sans pesticide.

Le marc restant après filtration ne se jette pas : incorporé au tas de compost, il continue d’apporter de l’azote et accélère la décomposition des matières plus sèches comme les feuilles mortes ou le carton.

Pas besoin de matériel particulier : un seau avec couvercle, un bâton pour remuer et une passoire ou un vieux tissu pour filtrer suffisent. C’est ce faible coût, associé à une vraie efficacité, qui explique pourquoi le purin d’ortie reste l’un des gestes les plus recommandés pour qui veut entretenir un potager au naturel. Découvrez d’autres techniques dans notre rubrique Jardin & Potager.


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